Entrée en vigueur le 1er janvier 2022, la RT, ou devrait-on dire, la RE2020 est très ambitieuse et exigeante envers le secteur du bâtiment. Elle promeut la transformation progressive des techniques de construction et de rénovation, ainsi que des solutions énergétiques, le but étant qu’à terme chaque bâtiment produise plus d'énergie qu'il n'en consomme afin de limiter notre impact sur l'environnement. Voici nos explications détaillées.
Qu'est-ce que la RT 2020 ?
La réglementation thermique est un ensemble de normes qui posent le cadre réglementaire pour les constructions neuves, mais aussi pour les travaux d'amélioration énergétique. La première réglementation thermique en France a été mise en place en 1974, à la suite du premier choc pétrolier. Depuis, ce dispositif n’a pas cessé d’évoluer, pour se transformer finalement en 2022 en une réglementation environnementale.
La Réglementation Thermique 2020, aussi appelée la Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020), devait initialement entrer en vigueur le 1er janvier 2021, mais à cause de la crise sanitaire son application a été finalement repoussée et en vigueur au 1er janvier 2022.

Elle est venue remplacer la Réglementation Thermique 2012 (RT 2012) et a pour but de renforcer les mesures déjà prises ces dernières années en ce qui concerne la performance énergétique des bâtiments. Les raisons de ce durcissement de ton sont évidentes : le secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire) est le secteur économique le plus consommateur d’énergie en France. Il se place donc au cœur de la lutte contre le changement climatique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Sa décarbonisation est un des prérequis pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, comme le prévoit la loi Energie-Climat.
Quels sont ses objectifs ?
La RE 2020 se concentre sur 3 objectifs principaux :
- Améliorer les performances énergétiques des bâtiments neufs, tout en faisant encore baisser leur consommation d’énergie. Cela implique que toute construction devra être parfaitement isolée, produire sa propre énergie, grâce notamment aux énergies renouvelables, et avoir recours à des systèmes thermiques performants.
- Diminuer l’impact sur le climat d’un bâtiment durant tout son cycle de vie. Cela comprend la phase de construction (qualité des matériaux de construction, des équipements), la phase d’exploitation (chauffage, eau chaude sanitaire, climatisation, éclairage…) et la fin de vie. Pour cela, l’Analyse de Cycle de Vie complet (ACV), à réaliser avant le début des travaux, devient indispensable.

- Permettre aux occupants d’avoir un lieu de vie et de travail adapté aux conditions climatiques futures. Pour cela, le RE 2020 attache beaucoup d’importance au confort en été. Désormais, un logement est considéré comme inconfortable lorsque sa température intérieure dépasse 26°C à 28°C durant la journée et 26°C durant la nuit. Ainsi, la RE 2020 prend en compte les changements climatiques, avec l’évolution des températures (vagues de chaleur, épisodes caniculaires) due au réchauffement.
- Parmi les enjeux de la réglementation RE 2020, il faut également mentionner l’amélioration de la qualité de l’air intérieur, l’isolation phonique et l’incitation au réemploi des matériaux.
- La RE 2020 vise à atteindre ces objectifs via la transformation profonde des techniques de construction, l’utilisation des matériaux moins énergivores et biosourcés, ainsi que des énergies renouvelables, tout en veillant à maîtriser les coûts et à assurer la montée en compétences des professionnels. A noter que cette transformation sera progressive, notamment avec des seuils carbone de plus en plus contraignants en 2025, 2028 et 2031.
Le concept central
L’une des principales nouveautés de la RE 2020, c’est aussi l’objectif de la mise en œuvre du concept de BEPOS, soit des bâtiments à énergie positive qui ne gaspilleront plus d’énergie, tant au niveau du chauffage que des appareils électroménagers, et en produiront même plus qu’elles n’en consommeront pour leur fonctionnement.
La conception d'un bâtiment à énergie positive reprend les grands principes de la maison passive, mais avec quelques améliorations afin de la rendre plus performante. La maison positive doit notamment dépasser ses besoins énergétiques grâce à la production d'énergies renouvelables, en renvoyant éventuellement le surplus d'énergie au réseau électrique public.

La RE 2020 impose un certain nombre de normes à respecter lors de la construction de nouveaux bâtiments, entre autres :
- Une consommation d'énergie primaire inférieure à 100 kWh/m²/an au total,
- Une consommation de chauffage inférieure à 12 kWhep/m²/an,
- La capacité de produire de l’énergie grâce à une ou plusieurs sources d’énergie renouvelable (panneaux solaires, chaudière biomasse, chauffe-eau thermodynamique…) pour que le bilan énergétique soit positif sur 5 postes de consommation : chauffage, production d'eau chaude sanitaire, luminaires, climatisation et auxiliaires (pompes, ventilation).
Au final, les dépenses énergétiques doivent être inférieures à 0 kWh/m² par an. Le surplus d’énergie produit peut être vendu au réseau électrique public. Tout se joue grâce aux équipements et la conception architecturale, ainsi que l’isolation, mais aussi l’humain. Le bâtiment à énergie positive doit en effet favoriser une participation des occupants à l’optimisation de ses performances et des comportements éco-responsables (récupération des eaux de pluie, tri sélectif, épuration par lagunage, etc).
A qui s'adresse cette réglementation ?
La RE 2020 concerne tous les bâtiments neufs, construits après son entrée en vigueur, et donc tout permis de construire déposé à compter de sa mise en place devra en respecter les termes.
Toutefois, il est important de préciser que la réglementation est entrée en vigueur progressivement et ne concerne pas tous les territoires.
Concrètement, elle s’applique :
- aux maisons individuelles et logements collectifs à partir du 1er janvier 2022,
- aux bureaux et bâtiments d’enseignement primaire et secondaire à partir du 1er juillet 2022,
- aux bâtiments tertiaires spécifiques (hôtels, commerces, gymnases) à partir du 1er janvier 2023.
Elle ne s’applique pas en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte.

Quelles sont les différences avec la RT 2012 ?
La RE 2020 est une évolution de la RT 2012, mais elle va nettement plus loin que sa consœur.
Cela concerne notamment les limites de dépenses énergétiques. Alors que la RT 2012 correspondait à un plafond de 50 kWh/m²/an, à savoir la valeur moyenne du label BBC (bâtiment basse consommation), la RT 2020 impose de consommer encore moins d’énergie. Tous les bâtiments nouvellement construits devront devenir des bâtiments à énergie positive (BEPOS) pour consommer et produire la même quantité d’énergie, ou même en produire plus.

La RE 2020 fait aussi évoluer les indicateurs de performance Bbio (mesurant la performance de l’enveloppe du bâtiment) et Cep (consommation d’énergie primaire), déjà présents dans la RT 2012, et introduit de nouveaux indicateurs à prendre en compte :
- l’indicateur Cepnr qui mesure la part d’énergie primaire non-renouvelable dans la consommation d’énergie primaire ;
- l’indicateur DH (Degré-Heure) d’inconfort qui mesure le nombre d’heures d’inconfort à l’année par rapport à une température jugée trop élevée ;
- l’indicateur IC énergie (impact carbone énergie) qui correspond à l’impact sur le changement climatique, à l’horizon de 50 ans, des émissions de gaz à effet de serre relatives à la consommation d’énergie du bâtiment au cours de son exploitation
- l’indicateur IC qui exprime l’impact sur le changement climatique de l’ensemble des composants du bâtiment, de leur fabrication jusqu’à leur fin de vie. La RE 2020 est également plus exigeante en matière d’isolation, avec des indicateurs de performance plus contraignants. Elle met encore plus en avant les matériaux biosourcés qui stockent le carbone pendant la durée de vie du bâtiment, et les énergies renouvelables ; elle attache de l’importance à la ventilation et à la qualité de l’air intérieur, ainsi qu’à l’accès à la lumière naturelle, à la gestion intelligente de l’eau et des déchets.
Pour aller plus loin…
Notez que, dans sa lutte contre le réchauffement climatique, l’Etat a mis en place d’autres dispositifs concernant le secteur du bâtiment. Il s’agit notamment de la loi Climat et Résilience qui inclut plusieurs mesures créant de nouvelles obligations de mener des travaux de rénovation énergétique dans les logements très énergivores, dits passoires thermiques. En absence de tels travaux, ces logements peu performants et mal isolés seront progressivement interdits à la location et donc exclus du marché.

Ce qu’il faut retenir
- La RE 2020, également appelée la RT 2020, est entrée en vigueur le 1er janvier 2022 et concerne toutes les constructions neuves.
- La RE 2020 généralise la construction des bâtiments à énergie positive (BEPOS).
- La RE 2020 introduit au moins une source d’énergie renouvelable dans la construction.
- La RE 2020 vise à améliorer le confort des occupants grâce à une isolation thermique et phonique renforcée et attache beaucoup d’importance à la température intérieure en été.
- L’individu est au cœur de la RE 2020, et c’est l’évolution de son comportement qui doit permettre les normes de cette réglementation en consommant moins et plus efficacement.






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