FICHE CONSEIL

En bref : Comment fonctionne l'étiquette énergie et à quoi sert-elle ?

L'étiquette énergie est un système de classification visuel imposé par la réglementation européenne pour comparer la performance énergétique des appareils électroménagers, des équipements de chauffage, de climatisation et des logements. Elle attribue une classe énergétique allant de A (très économe) à G (très énergivore) en se basant sur la consommation annuelle d'énergie mesurée selon des protocoles standardisés. Pour les logements, l'équivalent de l'étiquette est le diagnostic de performance énergétique (DPE), qui évalue la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre du bien immobilier. Comprendre ces étiquettes énergétiques permet de faire des choix éclairés lors de l'achat d'électroménager, d'engager des travaux de rénovation pertinents et de réduire durablement sa facture d'énergie.

En France, les étiquettes énergie sont omniprésentes : sur les réfrigérateurs, les machines à laver, les climatiseurs, les chauffe-eau, mais aussi sur les annonces immobilières de vente et de location. Ce système d'étiquetage énergétique, introduit par une directive européenne dans les années 1990 et régulièrement réformé depuis, a pour vocation d'orienter les consommateurs vers des équipements et des logements moins énergivores. La dernière grande réforme, entrée en vigueur en 2021, a remis à zéro l'échelle de classification pour les appareils électroménagers, écartant les anciennes classes A+, A++ et A+++ devenues obsolètes au profit d'une échelle recommencée de A à G — avec pour conséquence que la majorité des appareils se retrouvent aujourd'hui classés en B, C ou D sur la nouvelle échelle.

Espace Aubade, spécialiste des équipements de chauffage et climatisation et de la rénovation énergétique, vous propose dans ce guide complet de décrypter les étiquettes énergie applicables à vos équipements de confort thermique et à votre logement. Vous comprendrez comment lire une étiquette énergétique, ce que révèle réellement le DPE d'un bien immobilier, et comment des travaux ciblés — notamment l'installation d'une climatisation réversible — peuvent améliorer la classe énergétique de votre logement et réduire vos dépenses au quotidien.

Guide pour comprendre les informations d’une étiquette énergie

Comment lire une étiquette énergie : décryptage des informations clés

L'étiquette énergie nouvelle génération, en vigueur depuis mars 2021 pour les appareils électroménagers, se présente comme un bandeau coloré vertical allant du vert foncé (classe A) au rouge vif (classe G). Plusieurs pictogrammes et données chiffrées y figurent, chacun apportant une information précise sur les performances énergétiques de l'appareil.

Les éléments communs à toutes les étiquettes

  • La classe d'efficacité énergétique : la lettre mise en évidence par une flèche (A à G), représentant le positionnement de l'appareil sur l'échelle normalisée
  • La consommation annuelle : exprimée en kWh par an, calculée selon un protocole d'usage standardisé (et non l'usage réel, qui peut varier)
  • Le code QR : présent sur toutes les nouvelles étiquettes, il renvoie vers la fiche produit sur la base de données européenne EPREL, avec les données techniques complètes
  • Le nom du fabricant et le modèle : permettant d'identifier précisément l'appareil
  • Le niveau de bruit (en décibels) : mentionné sur certains appareils comme les lave-linge, lave-vaisselle, hottes de cuisine et climatiseurs

Les informations spécifiques selon le type d'appareil

Au-delà des éléments communs, l'étiquette énergie affiche des données propres à chaque catégorie d'appareils électroménagers :

  • Réfrigérateurs et congélateurs : volume utile en litres, niveau sonore en dB, consommation annuelle en kWh selon la classe climatique
  • Lave-linge : capacité en kg, consommation d'eau annuelle en litres, durée du cycle à 60 °C, niveau sonore en essorage et en lavage
  • Lave-vaisselle : nombre de couverts, consommation d'eau annuelle, durée du cycle éco, niveau sonore
  • Sèche-linge : capacité en kg, consommation selon le mode de séchage (condensation ou évacuation), durée du cycle de référence
  • Climatiseurs et pompes à chaleur : puissance de chauffage et de refroidissement en kW, COP saisonnier (SCOP/SEER), niveau sonore de l'unité intérieure et extérieure
  • Chauffe-eau et ballons d'eau chaude : production d'eau chaude sanitaire en kWh/24h, profil de soutirage de référence, consommation d'énergie annuelle

Pourquoi la consommation réelle diffère de l'étiquette

La consommation d'énergie affichée sur l'étiquette est calculée selon un protocole de test normalisé en laboratoire, dans des conditions d'usage standardisées. Ces conditions ne correspondent pas nécessairement à votre usage réel : fréquence d'utilisation, température ambiante, charge habituelle de l'appareil, réglages personnels. Pour un réfrigérateur, la consommation annuelle réelle peut varier de 10 à 30 % selon la position dans la cuisine (proximité d'une source de chaleur), le taux de remplissage et la fréquence d'ouverture de la porte. Pour un lave-linge, le choix systématique d'un programme basse température (30 ou 40 °C au lieu de 60 °C) peut réduire la consommation électrique réelle de 30 à 50 % par rapport à la valeur de l'étiquette.

Comparaison entre l’ancienne et la nouvelle étiquette énergie

L'étiquette énergie des équipements de chauffage et de climatisation

Les équipements de chauffage et climatisation font l'objet d'une étiquette énergétique spécifique, régie par la directive européenne ErP (Energy-related Products) et les règlements d'exécution associés. Ces étiquettes intègrent des indicateurs de performance saisonnière plus représentatifs de l'usage réel que les simples valeurs à puissance nominale.

Le SCOP et le SEER : les indicateurs clés des climatiseurs réversibles

Pour les pompes à chaleur et les climatiseurs réversibles, l'étiquette énergie affiche deux indicateurs de performance énergétique saisonnière, essentiels pour comparer les appareils entre eux :

  • Le SEER (Seasonal Energy Efficiency Ratio) : mesure l'efficacité énergétique en mode refroidissement sur l'ensemble d'une saison estivale. Plus il est élevé, moins l'appareil consomme pour produire un kWh de froid. Les modèles courants affichent un SEER de 6 à 9 ; les systèmes inverter haut de gamme peuvent dépasser 16
  • Le SCOP (Seasonal Coefficient Of Performance) : mesure l'efficacité énergétique en mode chauffage sur l'ensemble d'une saison hivernale. Un SCOP de 4 signifie que l'appareil produit 4 kWh de chaleur pour 1 kWh électrique consommé. Les modèles haut de gamme atteignent un SCOP de 4,5 à 5,5

Ces valeurs saisonnières sont bien plus représentatives de la performance réelle qu'un simple COP ou EER mesuré à puissance nominale dans des conditions de laboratoire. Elles correspondent aux zones climatiques européennes H1 (froid), H2 (tempéré) et H3 (chaud), et permettent de comparer les modèles sur des bases réalistes. Un climatiseur réversible avec un SCOP de 4 coûte 4 fois moins cher à l'usage en mode chauffage qu'un radiateur électrique à résistance (SCOP de 1), ce qui représente une économie d'énergie de 75 % sur la partie chauffage de la facture d'électricité.

L'étiquette des chauffe-eau et ballons d'eau chaude

Les équipements de production d'eau chaude sanitaire — chauffe-eau électriques, ballons d'eau chaude thermodynamiques, chauffe-eau solaires — affichent une étiquette énergie propre à la catégorie. La classe énergétique va de A+++ pour les meilleures pompes à chaleur thermodynamiques à C ou D pour les chauffe-eau électriques à résistance. Le profil de soutirage (XS, S, M, L, XL, XXL) correspond au volume d'eau chaude sanitaire consommé quotidiennement par le foyer : un profil L (consommation importante) génère une consommation d'énergie annuelle bien plus élevée qu'un profil S (usage modeste). Cette information est essentielle pour choisir un équipement correctement dimensionné et éviter une consommation électrique excessive liée à un surchauffage inutile du ballon.

Simulation du DPE d’un logement sur ordinateur

Le DPE : l'étiquette énergie de votre logement

Pour les biens immobiliers, l'équivalent de l'étiquette énergie est le diagnostic de performance énergétique (DPE). Obligatoire depuis 2006 pour toute vente ou mise en location d'un logement, le DPE classe le bien de A (très performant, moins de 70 kWh/m²/an) à G (passoire thermique, plus de 420 kWh/m²/an) selon deux critères : la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre (GES). Depuis la réforme de juillet 2021, le DPE est devenu juridiquement opposable : il engage la responsabilité du diagnostiqueur et peut influer sur la valeur immobilière, les obligations de rénovation et la possibilité de louer le bien. Pour comprendre en détail la méthode de calcul utilisée, le guide Espace Aubade sur le diagnostic de performance énergétique : en quoi ça consiste présente de manière pédagogique les bases de ce dispositif et son rôle dans la rénovation énergétique.

Les deux étiquettes du DPE : énergie et climat

Le DPE produit en réalité deux étiquettes distinctes :

  • L'étiquette énergie : classe le logement selon sa consommation d'énergie primaire en kWh/m²/an, tous usages confondus (chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, ventilation). La classe A correspond à moins de 70 kWh/m²/an ; la classe G dépasse 420 kWh/m²/an
  • L'étiquette GES (gaz à effet de serre) : classe le logement selon ses émissions de CO2 en kg équivalent CO2/m²/an. Elle pénalise particulièrement les logements chauffés au fioul ou au gaz, dont l'empreinte carbone est bien plus élevée que celle d'un chauffage électrique ou renouvelable

Le classement énergétique final du DPE est déterminé par la moins bonne des deux notes. Un logement chauffé au fioul peut ainsi se retrouver classé F ou G sur l'étiquette GES même si sa consommation d'énergie annuelle resterait modérée. Pour tout savoir sur les implications de chaque classe, le guide Espace Aubade sur la classe énergie pour les maisons détaille les seuils, les obligations réglementaires et les travaux permettant de progresser sur l'échelle.

Ce que le DPE prend en compte dans son calcul

La méthode de calcul 3CL du DPE analyse le logement dans sa globalité à partir de plusieurs dizaines de paramètres techniques et de performance :

  • L'enveloppe thermique : qualité des murs, toiture, planchers bas, fenêtres et vitrages, présence de ponts thermiques
  • Les systèmes de chauffage : type d'équipement, performances saisonnières (SCOP pour les pompes à chaleur, rendement pour les chaudières), énergie utilisée
  • La production d'eau chaude sanitaire : type d'équipement et énergie utilisée
  • La ventilation : simple flux, double flux, VMC, infiltrations d'air
  • Le refroidissement : présence ou absence d'équipements de climatisation, leurs performances
  • La surface habitable et l'orientation du logement
Travaux d’isolation des combles pour améliorer la performance énergétique

Comment améliorer l'étiquette énergie de son logement

La performance énergétique d'un logement n'est pas figée. Des travaux de rénovation énergétique ciblés permettent de progresser d'une ou plusieurs classes sur l'étiquette énergie, avec un impact direct sur la valeur immobilière, le confort thermique et la facture d'énergie. Espace Aubade met à votre disposition un simulateur DPE en ligne pour estimer rapidement la classe actuelle de votre logement et identifier les leviers d'amélioration prioritaires selon votre situation.

L'isolation : le premier levier d'amélioration

L'isolation thermique est le poste qui génère les gains les plus significatifs sur l'étiquette énergie. Les déperditions thermiques d'un logement ancien mal isolé se répartissent typiquement ainsi : 25 à 30 % par le toit, 20 à 25 % par les murs, 10 à 15 % par les fenêtres, 7 à 10 % par les planchers bas. L'isolation des combles est généralement la première action à mener, car c'est la plus accessible techniquement et financièrement, avec un retour sur investissement moyen de 3 à 5 ans. L'isolation des murs par l'extérieur (ITE) est plus coûteuse mais offre des gains thermiques supérieurs. Le remplacement des fenêtres simple vitrage par du double vitrage performant améliore à la fois l'isolation thermique et l'isolation acoustique du logement.

Le remplacement du système de chauffage : l'impact sur le DPE

Le système de chauffage est l'autre grand levier d'amélioration de l'étiquette énergie d'un logement. Son impact sur le DPE dépend à la fois de son rendement énergétique et de l'énergie utilisée. Remplacer une chaudière fioul ou un chauffage électrique par convecteurs par une pompe à chaleur ou une climatisation réversible peut faire progresser le DPE d'une à deux classes énergétiques, notamment pour les logements actuellement classés E, F ou G. Le guide Espace Aubade sur le impact de la climatisation réversible sur le DPE et les gains de classe énergétique détaille précisément ces gains selon le type de chauffage remplacé et la configuration du logement.

La climatisation réversible : un double bénéfice sur l'étiquette énergie

La climatisation réversible (ou pompe à chaleur air-air) améliore l'étiquette énergie d'un logement de deux façons complémentaires. En mode chauffage, elle produit 3 à 5 kWh de chaleur pour 1 kWh électrique consommé grâce aux calories captées dans l'air extérieur — là où un radiateur électrique à résistance ne produit que 1 kWh de chaleur pour 1 kWh consommé. Cette multiplication du rendement (SCOP de 3 à 5 contre 1 pour un radiateur) se traduit directement par une réduction de la consommation d'énergie primaire du logement dans le calcul du DPE. En remplaçant un chauffage électrique direct dans un logement classé E ou F, l'installation d'une climatisation réversible en chauffage principal permet fréquemment de gagner une à deux classes énergétiques et de sortir du statut de passoire thermique.

Pour que cette amélioration soit reconnue dans le DPE, quelques conditions sont nécessaires. La climatisation réversible doit être déclarée comme système de chauffage principal lors du diagnostic — c'est-à-dire qu'elle doit couvrir la majorité des besoins de chauffage du logement. Le diagnostiqueur s'appuie sur les fiches techniques de l'appareil et le procès-verbal de mise en service fourni par l'installateur certifié RGE. Un DPE réalisé avant l'installation ne reflète pas ce gain : un nouveau diagnostic après les travaux est nécessaire pour actualiser la classe énergétique du bien. Pour en savoir plus sur la classe énergétique C, très accessible pour de nombreux logements après ces travaux, le guide Espace Aubade sur le DPE C : tout ce que vous devez savoir détaille les seuils de cette classe et les travaux qui permettent d'y accéder.

FAQ : Vos questions fréquentes sur l'étiquette énergie

La nouvelle étiquette énergie de 2021 est-elle différente de l'ancienne ?

Oui, la nouvelle étiquette énergie entrée en vigueur en mars 2021 repart d'une échelle de A à G remise à zéro, sans les anciennes classes A+, A++ et A+++ devenues trop concentrées vers le haut. Cette réinitialisation signifie qu'un appareil classé A+++ selon l'ancienne échelle peut désormais se retrouver classé C ou D — ce n'est pas une dégradation de ses performances, mais un repositionnement sur une échelle plus exigeante. Cette réforme s'est appliquée progressivement à toutes les catégories d'appareils électroménagers et d'équipements concernés, avec pour objectif d'inciter les fabricants à poursuivre les progrès en matière d'efficacité énergétique sur le long terme.

Le DPE d'un logement peut-il changer sans faire de travaux ?

Le DPE d'un logement peut légèrement évoluer entre deux diagnostics réalisés par des diagnostiqueurs différents, en raison de différences d'interprétation des données ou de relevés sur site. En revanche, la méthode de calcul 3CL est normalisée et s'appuie sur les caractéristiques physiques du bâtiment : un logement mal isolé sans travaux restera classé de manière similaire d'un diagnostic à l'autre. La seule façon d'améliorer durablement la classe énergétique d'un logement est de réaliser des travaux de rénovation énergétique concrets : isolation, remplacement du système de chauffage, amélioration des fenêtres ou installation d'une pompe à chaleur réversible en chauffage principal.

Un logement classé F ou G peut-il encore être loué en 2026 ?

Les règles se renforcent progressivement. Depuis le 1er janvier 2023, les logements dont la consommation d'énergie dépasse 450 kWh/m²/an (les pires logements classés G) ne peuvent plus faire l'objet de nouveaux baux. Depuis le 1er janvier 2025, tous les logements classés G sont interdits à la location ; les baux en cours conclus avant cette date peuvent être maintenus jusqu'à leur terme. À partir du 1er janvier 2028, les logements classés F seront à leur tour exclus du marché locatif. Pour les propriétaires bailleurs, anticiper ces échéances en engageant des travaux de rénovation énergétique devient urgent : attendre augmente le risque de devoir réaliser les travaux dans l'urgence. Un audit énergétique certifié permet d'identifier les actions prioritaires et d'établir un plan de rénovation efficace.

La climatisation réversible améliore-t-elle toujours le DPE ?

Pas systématiquement, mais dans la grande majorité des cas où elle remplace un chauffage électrique par convecteurs ou une chaudière fioul, oui. Le gain varie selon la situation de départ : un logement chauffé au gaz récent verra un gain plus limité qu'un logement chauffé par des convecteurs électriques vieillissants. En revanche, si la climatisation réversible est utilisée principalement en mode rafraîchissement et non comme système de chauffage principal, elle n'améliore pas le DPE puisqu'elle n'est pas comptabilisée comme source de chauffage. C'est le statut de chauffage principal attesté par un installateur certifié RGE et reconnu par le diagnostiqueur, qui conditionne la bonification du score.

Maîtriser son étiquette énergie, c'est maîtriser son confort et ses dépenses

L'étiquette énergie n'est pas qu'un simple autocollant réglementaire : c'est un outil de comparaison puissant pour choisir des équipements économes en énergie et pour piloter intelligemment la rénovation énergétique de son logement. Qu'il s'agisse d'acheter un nouveau réfrigérateur, de remplacer un chauffe-eau vieillissant ou de faire progresser la classe énergétique de son bien immobilier, comprendre les indicateurs affichés sur ces étiquettes permet de prendre des décisions éclairées et rentables à court terme sur la facture d'électricité et valorisantes sur le long terme pour le patrimoine immobilier.

Espace Aubade vous accompagne dans vos projets de rénovation énergétique : de la sélection des équipements de chauffage et climatisation les plus performants à la mise en relation avec des installateurs certifiés RGE, nos conseillers en showroom analysent votre situation et vous orientent vers les solutions les plus efficaces selon votre logement, votre budget et vos objectifs d'amélioration de classe énergétique.

Rendez-vous dans un showroom Espace Aubade ou utilisez notre simulateur DPE en ligne pour évaluer la performance énergétique de votre logement, identifier vos marges de progression et engager les travaux qui feront progresser votre étiquette énergie dès cette année.

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