Comprendre le DPE et ses critères d'évaluation énergétique
Le DPE mesure l’efficacité énergétique d'un logement selon deux indicateurs principaux : la consommation d'énergie primaire en kWh/m²/an et les émissions de gaz à effet de serre en kgCO₂/m²/an. La note finale, allant de A (très économe) à G (très énergivore), correspond à la plus mauvaise des deux étiquettes obtenues.
Les éléments pris en compte dans le calcul
Le diagnostiqueur évalue plusieurs postes de consommation énergétique : le système de chauffage, la production d'eau chaude sanitaire, la ventilation, l'éclairage et, depuis la dernière réforme, le refroidissement assuré par la climatisation lorsqu’elle existe. L'isolation du logement, les déperditions thermiques et les performances des émetteurs de chaleur (radiateurs, plancher chauffant, ventilo‑convecteurs) sont également analysés.
La réforme du DPE 2026 et son impact sur l'électricité
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’énergie électrique a été abaissé de 2,3 à 1,9, ce qui améliore mécaniquement la notation des logements chauffés à l'électricité. Cette évolution permet à de nombreux logements de gagner jusqu'à une classe énergétique, voire davantage pour certaines petites surfaces. Elle valorise les systèmes de chauffage décarbonés comme les pompes à chaleur dans un contexte de mix électrique plus respectueux de l'environnement.
À savoir : le changement de méthode de calcul peut déjà faire progresser votre DPE, même sans travaux, si votre logement est majoritairement chauffé à l’électricité. Un recalcul ou un nouveau DPE peut donc être intéressant à envisager. Pour comprendre en détail le fonctionnement de ce nouvel outil, vous pouvez aussi lire notre article dédié au
nouveau simulateur DPE.
L'impact positif de la climatisation réversible sur le DPE
Une climatisation réversible, également appelée pompe à chaleur air-air, constitue un levier efficace pour améliorer votre étiquette énergétique lorsqu’elle remplace un chauffage électrique ancien ou une chaudière énergivore. Contrairement aux convecteurs électriques classiques (rendement proche de 100 %), une PAC air‑air peut restituer 3 à 5 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité consommée, grâce aux calories captées dans l’air extérieur.
Le coefficient de performance, clé de l'efficacité énergétique
Le coefficient de performance (COP) mesure le rendement d'une pompe à chaleur en mode chauffage, tandis que le SCOP (Seasonal Coefficient of Performance) représente la performance saisonnière. Pour le mode froid, on utilise l'EER et le SEER. Ces indicateurs, renseignés sur les fiches techniques des appareils, sont pris en compte lors de l'établissement du DPE et contribuent à améliorer les étiquettes énergie et GES par rapport aux systèmes de chauffage moins performants.
Gains concrets en classes énergétiques
Le remplacement d'un chauffage électrique par convecteurs par une pompe à chaleur air‑air permet, dans de nombreux cas, de gagner environ 1 à 2 classes énergétiques, en particulier dans les logements initialement classés E, F ou G. Une PAC air‑eau peut offrir un gain encore plus significatif, jusqu'à deux classes, notamment lorsqu'elle remplace une chaudière fioul ou une ancienne chaudière gaz. Par exemple, un logement classé E peut passer en classe C après installation d'une pompe à chaleur air‑eau performante, sous réserve d’une isolation correcte.
À garder en tête : les gains de classes annoncés sont des ordres de grandeur. Le résultat réel dépend de l’état initial du logement (isolation, surface, climat, occupation). Seul un DPE ou un simulateur permet d’estimer précisément le gain.
Reconnaissance de la climatisation comme système principal
Pour que la climatisation réversible soit comptabilisée comme système de chauffage principal dans le DPE, elle doit couvrir la majorité des besoins en chauffage du logement. Le diagnostiqueur s’appuie sur les performances saisonnières (SCOP/SEER), les fiches techniques de l'installation et le procès-verbal de mise en service fournis par l’installateur certifié RGE. Les anciens radiateurs peuvent rester en chauffage d'appoint sans pénaliser la notation, à condition que la PAC assure effectivement le chauffage principal.
L'impact du refroidissement sur la consommation d'énergie
Si la fonction chauffage de la climatisation réversible améliore le DPE, l'usage intensif du mode refroidissement peut en revanche augmenter la consommation d'énergie électrique et réduire une partie du gain obtenu. La consommation liée au rafraîchissement est intégrée dans le calcul global des consommations du logement en énergie primaire.
En parallèle, l’indicateur de confort d’été figurant sur le DPE évalue surtout la capacité du logement à rester confortable sans recourir à des systèmes de climatisation, en se basant sur des paramètres passifs (inertie, protections solaires, orientation, ventilation naturelle…). Une clim performante peut donc améliorer vos consommations, mais un mauvais confort d’été passif restera visible sur cet indicateur spécifique.
Optimiser l'usage de la climatisation pour préserver son DPE
Pour limiter l'impact de la climatisation sur votre consommation électrique, plusieurs bonnes pratiques sont recommandées : fixez des consignes de température raisonnables (19‑20 °C en hiver, et en été limitez l’écart à environ 7 °C avec la température extérieure), utilisez les modes éco et la programmation horaire via un thermostat intelligent, et privilégiez la ventilation nocturne ou les protections solaires en complément.
Le dimensionnement, facteur clé de performance
Un dimensionnement adapté de votre système de climatisation est essentiel pour optimiser la performance énergétique. Une installation sous‑dimensionnée fonctionnera en continu, générant une consommation excessive, tandis qu'un appareil surdimensionné multipliera les cycles courts, également énergivores. Chez Espace Aubade, nos professionnels partenaires réalisent une étude technique précise pour choisir la puissance optimale de votre climatiseur ou pompe à chaleur, qu'il s'agisse d'un système monosplit, multisplit ou gainable.
Pompes à chaleur : les différents types et leur impact sur le DPE
Les pompes à chaleur se déclinent en plusieurs technologies, chacune ayant un impact différent sur le diagnostic de performance énergétique de votre logement. Le choix entre une PAC air‑air, air‑eau, géothermique ou un chauffe‑eau thermodynamique dépend de votre installation existante et de vos besoins en chauffage et en production d'eau chaude sanitaire.
La pompe à chaleur air-air (climatisation réversible)
La pompe à chaleur air‑air capte les calories de l'air extérieur via une unité extérieure et les diffuse dans les pièces grâce à des unités intérieures de type split ou console murale. Le fluide frigorigène circule en circuit fermé entre le compresseur, le condenseur et l’évaporateur pour assurer le transfert de chaleur. Ce système réversible permet le rafraîchissement en été et le chauffage en hiver, avec un gain moyen souvent compris entre une et deux classes sur le DPE lorsqu’il remplace un chauffage électrique direct.
La pompe à chaleur air-eau
La pompe à chaleur air‑eau utilise également l'air extérieur comme source d'énergie renouvelable, mais elle transfère la chaleur à un circuit d'eau qui alimente le chauffage central (radiateurs, plancher chauffant) et, souvent, la production d'eau chaude sanitaire via un ballon. Cette solution, compatible avec de nombreux émetteurs existants, permet de gagner jusqu'à deux classes sur l'échelle du DPE en remplacement d'une chaudière au fioul ou au gaz, surtout dans les logements initialement très énergivores.
Les pompes à chaleur géothermiques et le chauffe-eau thermodynamique
Les pompes à chaleur géothermiques exploitent la chaleur du sol ou de la nappe phréatique via des capteurs horizontaux ou un forage vertical. Bien que nécessitant des travaux plus importants, elles offrent un COP élevé et stable toute l'année. Le chauffe‑eau thermodynamique utilise les calories contenues dans l'air ambiant pour produire l'eau chaude sanitaire, constituant une alternative économe au ballon électrique traditionnel et améliorant favorablement l’indicateur ECS du DPE.
Optimiser son installation pour maximiser le gain énergétique
Au‑delà du choix de l'équipement, plusieurs facteurs influencent directement l’impact de la climatisation sur le DPE et les économies d'énergie réalisables. Une installation optimisée et un entretien annuel rigoureux garantissent le maintien des performances dans la durée.
L'importance de l'isolation thermique
L'isolation du logement conditionne largement l’efficacité énergétique de tout système de chauffage. Une pompe à chaleur performante ne pourra compenser une enveloppe très mal isolée présentant d'importantes déperditions par les combles, les murs ou les menuiseries. Combiner l'installation d'une PAC avec des travaux d'isolation permet d'obtenir les meilleurs résultats sur votre étiquette énergie, notamment pour viser une classe A, B ou C. Pour aller plus loin sur le sujet, vous pouvez consulter notre guide complet sur le DPE.
Le rôle de la ventilation et des équipements complémentaires
Une ventilation performante, de type VMC double flux, contribue à optimiser le confort thermique tout en limitant les consommations. Elle récupère les calories de l'air extrait pour préchauffer l'air neuf entrant, réduisant ainsi les besoins en chauffage. Des radiateurs basse température ou un plancher chauffant bien dimensionné complètent efficacement une installation de pompe à chaleur.
L'entretien régulier, garant de la performance
Un entretien annuel par un chauffagiste ou installateur qualifié est essentiel pour maintenir les rendements optimaux de votre système de chauffage et de climatisation. Le nettoyage des filtres, la vérification du fluide frigorigène et le contrôle des unités intérieures et extérieures garantissent la performance énergétique dans le temps. Chez Espace Aubade, nos professionnels partenaires proposent des contrats d'entretien pour assurer la pérennité de votre installation.
Les aides financières pour installer une pompe à chaleur
L'installation d'une pompe à chaleur représente un investissement initial conséquent, mais de nombreuses aides financières permettent d'en réduire le coût, en particulier pour les PAC air‑eau, géothermiques et certains projets de rénovation globale. Ces dispositifs visent à encourager la rénovation énergétique et l'abandon des énergies fossiles au profit d’énergies renouvelables.
MaPrimeRénov' et ses conditions d'éligibilité
MaPrimeRénov' reste l'aide de référence pour financer l'installation d’une PAC dans le cadre d’une rénovation globale ou de certains gestes ciblés, en particulier pour les PAC air‑eau et géothermiques. Les conditions d’éligibilité (revenus, type de travaux, type de PAC) évoluent régulièrement : il est donc indispensable de vérifier les règles en vigueur sur les sites officiels avant de lancer votre projet.
Les Certificats d'Économies d'Énergie et aides locales
Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) constituent une aide complémentaire, proposée par les fournisseurs d'énergie, et peuvent financer une partie de l'installation de pompe à chaleur. Certaines collectivités et organismes comme l’ANAH proposent aussi des subventions spécifiques pour les travaux de rénovation énergétique, qui peuvent être complétées par l'éco‑prêt à taux zéro.
L'impact des aides sur la rentabilité de l'investissement
Grâce à ces aides financières et aux économies d'énergie générées, l'installation d'une pompe à chaleur devient rapidement rentable : une PAC air‑eau bien dimensionnée peut réduire fortement la facture de chauffage par rapport à un système électrique direct ou une vieille chaudière. En parallèle, l'amélioration de votre classe énergétique valorise durablement votre bien immobilier. Pour estimer facilement le montant des subventions mobilisables, utilisez notre simulateur d’aides financières chauffage.
Préparer son DPE après installation d'une climatisation
Pour que votre nouvelle installation soit correctement prise en compte dans le diagnostic de performance énergétique, quelques précautions s'imposent lors de la visite du diagnostiqueur. La bonne déclaration de votre système de chauffage principal conditionne directement l'amélioration de votre étiquette énergétique.
Les documents à conserver et présenter
Rassemblez la fiche technique de votre climatisation réversible ou pompe à chaleur indiquant les performances SCOP et SEER, ainsi que le procès-verbal de mise en service établi par l’installateur. Conservez également les factures et des photos de l'ensemble du système (unité extérieure, unités intérieures, module hydraulique pour les PAC air‑eau). Ces éléments permettent d’intégrer correctement l'équipement dans le calcul du DPE.
Déclarer la climatisation comme système principal
Indiquez clairement au diagnostiqueur que votre PAC air‑air ou air‑eau constitue le système de chauffage principal de votre logement. Si vous conservez des radiateurs électriques ou une ancienne chaudière en appoint, précisez‑le mais expliquez que la pompe à chaleur couvre la majorité des besoins de chauffage et, le cas échéant, la production d'eau chaude sanitaire.
Utiliser le simulateur DPE pour anticiper
Avant de réaliser votre diagnostic officiel, vous pouvez estimer votre future notation grâce à notre simulateur DPE en ligne, puis affiner votre projet à l’aide de notre guide DPE complet et des conseils de nos experts en magasin.
FAQ : vos questions fréquentes sur l'impact de la climatisation sur le DPE
Une climatisation réversible compte-t-elle comme système de chauffage dans le DPE ?
Oui, une climatisation réversible peut être prise en compte comme système de chauffage principal dans le DPE si elle couvre réellement la majorité des besoins en chauffage du logement. Le diagnostiqueur utilise alors ses performances saisonnières pour le calcul, ce qui améliore souvent l’étiquette par rapport à des convecteurs électriques ou à une ancienne chaudière.
Combien de classes énergétiques peut-on gagner avec une pompe à chaleur ?
Le gain dépend du type de pompe à chaleur, du système remplacé et de l’état initial du bâtiment. Une PAC air‑air permet généralement de gagner environ une à deux classes, tandis qu’une PAC air‑eau peut faire progresser le DPE jusqu’à deux classes lorsqu’elle remplace une chaudière fioul ou un chauffage électrique ancien, surtout dans les logements très énergivores.
L'usage de la climatisation en été pénalise-t-il le DPE ?
La consommation liée au rafraîchissement est prise en compte dans les consommations globales du DPE et peut limiter le gain si l’usage est très intensif. En revanche, l’indicateur de confort d’été du DPE évalue surtout la qualité du logement sans climatisation, en se basant sur des critères passifs (protections solaires, inertie, ventilation naturelle, etc.).
Peut-on améliorer son DPE sans changer l'isolation ?
Installer une PAC performante améliore le DPE même sans travaux d’isolation, mais le gain reste limité si le bâtiment présente de fortes déperditions. Pour viser une étiquette A, B ou C, le plus efficace reste de combiner pompe à chaleur et travaux d’isolation (combles, murs, menuiseries).
Quelle différence entre une PAC air-air et air-eau pour le DPE ?
Une PAC air‑eau agit sur le chauffage central et souvent sur l’eau chaude sanitaire, ce qui a un impact très fort sur le DPE puisqu’une grande partie des consommations bascule vers un système très performant. Une PAC air‑air chauffe uniquement l’air via des splits, mais offre un excellent confort et une amélioration notable de la classe énergétique, surtout en remplacement de convecteurs.
Passez à l'action pour améliorer votre classe énergétique
L'installation d'une climatisation réversible ou d'une pompe à chaleur représente un investissement stratégique pour améliorer votre diagnostic de performance énergétique tout en gagnant en confort hiver comme été. Les économies d'énergie réalisées et la meilleure étiquette énergie valorisent durablement votre bien immobilier.
Chez Espace Aubade, nos équipes et nos professionnels partenaires certifiés RGE vous accompagnent de l’étude à l’installation, puis à l’entretien de votre système. Nous vous aidons également à mobiliser les aides financières disponibles pour optimiser le coût global de votre projet.