La salle de bains est la pièce la plus humide d’un logement, elle nécessite donc un système de ventilation adapté pour éviter les problèmes que l’excès d’humidité peut provoquer. Mais si une ventilation est nécessaire, est-il pour autant obligatoire de poser une VMC ? Aujourd’hui, on vous raconte comment assurer correctement le renouvellement d’air dans votre salle de bains.
Pourquoi faut-il ventiler sa salle de bains ?
De toutes les pièces humides, la salle de bains est sûrement celle où le taux d’humidité est le plus élevé, car c’est ici que se trouvent de nombreux points d’eau (lavabo, douche, baignoire, wc). L’utilisation de la douche et du bain génère notamment beaucoup de vapeur d’eau qui ensuite se dépose sous forme de condensation sur les surfaces froides, comme les murs et les vitres. Ce phénomène n’a rien d’anormal, mais il peut provoquer des dégâts. L’humidité excessive peut être à l’origine de l’apparition des mauvaises odeurs, des moisissures, des champignons, de la formation de la rouille et du salpêtre. Ainsi, elle peut provoquer des dégradations des matériaux de la maison, comme le décollement des enduits, des peintures, des revêtements. Elle peut aussi faire pourrir le bois, détériorer les canalisations, les circuits électriques et même, dans les cas extrêmes, dégrader la pierre à un tel point qu’elle finit par se réduire en poudre.
Les moisissures, les champignons, le salpêtre peuvent aussi être toxiques pour l’homme et être la cause des problèmes de santé : asthme, toux et d’autres problèmes respiratoires, allergies…
Bref, une salle d’eau saturée d’humidité peut vite devenir non seulement inconfortable, mais insalubre et même dangereuse pour les occupants du logement. Pour évacuer l’air vicié chargé de polluants et de vapeur d’eau et le remplacer par un air plus sain, il est donc impératif d’organiser une bonne ventilation.
Elle est d'ailleurs obligatoire, même si aucun système de ventilation n’est imposé. Les normes indiquent uniquement un débit minimal d’évacuation d’air :
- 15 m³/h pour une pièce avec WC ou une salle d’eau équipée d’une douche ;
- 30 m³/h pour une salle de bains équipée d’une baignoire.
Le respect de ces normes permet d’entretenir une bonne qualité de l’air ambiant et de contrôler efficacement le taux d’humidité.

Quelles sont les différentes solutions de ventilation ?
Dans les salles de bains des logements neufs ou récents, la ventilation est assurée par une VMC, mais ce n’est pas forcément le cas des salles de bains dans des maisons plus anciennes.
Le moyen le plus simple de chasser l’humidité reste la ventilation naturelle, à condition que la salle d’eau dispose d’une fenêtre donnant sur l’extérieur. En ouvrant votre fenêtre après chaque douche, on peut aérer la pièce convenablement. Il vaut mieux d’ailleurs d’opter pour une fenêtre oscillo-battante, c’est-à-dire équipée d’un mécanisme permettant de l’ouvrir par basculement vers l’intérieur. Ce mécanisme permet d’aérer sans ouvrir la fenêtre en grand et donc quelles que soient les conditions climatiques : même s’il pleut, s’il grêle ou s’il y a du vent, vous ne risquez pas de faire pénétrer l’eau ou les débris à l’intérieur. Il vous permet aussi de ne pas fermer la fenêtre en votre absence par crainte d’une visite indésirable.

Dans une pièce aveugle, ou si la fenêtre existante ne peut pas s’ouvrir, il est aussi possible d’installer un aérateur. L’aérateur de fenêtre est la solution idéale si vous avez une fenêtre condamnée. Fixé sur la vitre, il peut fonctionner manuellement, sur batterie ou être relié au réseau électrique du logement. En absence de fenêtre, un aérateur mural peut être installé. Plus puissant et plus performant qu’un aérateur de fenêtre, il demande toutefois la mise en place d’un conduit d’évacuation à travers le mur, et un raccordement au réseau électrique est obligatoire. Certains modèles disposent d’un hygrostat réglable qui surveille le taux d’humidité et met le moteur en marche dès qu’un seuil sélectionné est atteint. Ce genre de dispositif est aussi appelé ventilation mécanique ponctuelle (VMP).
Contrairement à la VMP qui assure uniquement la ventilation de la salle de bains, la VMR ou ventilation mécanique répartie permet une ventilation générale de toute l’habitation. Très utilisé en rénovation, ce système s’appuie sur les extracteurs individuels placés dans les pièces de service (cuisine, salle de bain, buanderie…) pour évacuer l’air vicié, tandis que l’air neuf rentre dans l’habitation par les bouches d’air, installés dans les pièces à vivre. Ainsi, la VMR force la circulation de l’air et son renouvellement. En même temps, elle ne nécessite pas d’installation de gaines, elle est facile à mettre en œuvre et consomme peu d’électricité. Toutefois, elle n’a pas la même efficacité qu’une VMC.
Qu'est-ce qu'une VMC ?
La VMC ou ventilation mécanique contrôlée est la solution idéale pour aérer votre habitation. Toutes les constructions neuves en sont équipées, mais il est aussi possible de l’installer en rénovation.
Il existe plusieurs types de VMC : les VMC simple flux, les VMC double flux, les VMC hygroréglables, les VMC thermodynamiques, les VMC gaz. Chaque type a ses particularités et ses avantages, mais même une VMC de base vous assurera une meilleure qualité d’air au sein de votre habitation que n’importe quelle autre solution de ventilation.
La ventilation mécanique contrôlée simple flux
De toutes les ventilations mécaniques contrôlées, c’est la plus simple, la plus économique et la plus plébiscitée. Son principe est le suivant : un extracteur électrique est placé dans les combles et relié par des gaines à des bouches d’aspiration installées dans les pièces humides. Ainsi, il peut aspirer l’air vicié et le rejeter à l’extérieur. Cela crée un effet de dépression qui attire dans la maison de l’air neuf via les grilles d’aération des fenêtres des pièces de vie.

La ventilation mécanique contrôlée double flux
Le fonctionnement de la VMC double flux est identique à celui de la VMC simple flux, sauf qu’elle est équipée en plus d’un récupérateur de chaleur (échangeur thermique) afin de limiter les déperditions énergétiques. Ainsi, elle capture les calories présentes dans l’air vicié et les injecte dans l’air récupéré à l’extérieur.
La VMC double flux assure un confort thermique hors pair, permet de faire des économies d’énergie, évite la sensation des courants d’air froid. Autres avantages : grâce aux filtres sur ses entrées d’air, la VMC double flux débarrasse l’air des pollens, des poussières et d’autres polluants. En résultat, l’air ambiant de votre maison devient plus sain qu’avec les appareils simple flux.
L’installation d’une VMC double flux nécessite toutefois des travaux importants et elle est assez chère. C’est pour cela qu’elle est plus adaptée pour des constructions neuves ou bien, pour des projets de rénovation importante.
La ventilation mécanique contrôlée hygroréglable
Qu’elle soit simple ou double flux, la VMC peut être hygroréglable. Dans ce cas, votre appareil adapte le flux d’extraction au taux d’humidité de l’air ambiant. C’est-à-dire, plus l’air est humide, plus la VMC augmente l’intensité de son fonctionnement, et à l’inverse, plus l’air est sec, plus le ventilateur réduit l’aspiration d’air.
Il existe deux types de VMC hygroréglables : de type A ou de type B. Les VMC hygro A sont des modèles d’entrée de gamme, et seules leurs bouches d’extraction sont sensibles aux fluctuations du taux d’humidité. Les VMC hygro B sont plus perfectionnées, et leurs entrées d’air captent aussi les variations d’humidité dans la salle d’eau. Cela vous permet d’avoir une meilleure maîtrise d’hygrométrie/ dans votre logement.
La ventilation mécanique contrôlée thermodynamique
C’est un des modèles les plus performants sur le plan énergétique. Composé d’une VMC double flux et d’une pompe à chaleur air-air qui améliore encore plus la performance d’échange thermique entre l’air sortant et l’air entrant. Elle permet donc de renouveler l’air de votre maison tout en conservant une chaleur optimale. Dans un logement bien isolé, il pourrait même assurer l’intégralité des besoins en chauffage. Et si vous optez pour une PAC réversible, capable de servir de climatisation, votre VMC thermodynamique vous permettra de garder la fraîcheur dans les pièces même pendant les périodes de canicule.
En revanche, ce dispositif représente un investissement conséquent (il faudra compter entre 7000 et 15 000 € pour l’appareil et la pose) et il est difficile à installer : le recours à un installateur compétent est indispensable, si vous ne voulez pas vous retrouver avec une VMC mal posée, bruyante et inefficace. Son entretien aussi doit être régulier, surtout en ce qui concerne les filtres qui assurent la bonne qualité de l’air.
La ventilation mécanique contrôlée gaz
Cette VMC un peu spéciale est une variante de la VMC simple flux hygroréglable, destinée à aspirer non seulement l’air vicié, mais aussi des produits de combustion de tout équipement fonctionnant au gaz, comme une chaudière ou un chauffe-eau. Destinée aux logements collectifs, la VMC gaz sert à réduire le risque d’intoxication au monoxyde de carbone et fait l’objet d’une réglementation stricte en termes de sécurité et d’entretien.
Comment bien choisir sa VMC ?
Vous l’avez bien compris, pour aérer votre salle de bains, il n’y a pas plus efficace qu’une VMC, mais toutes ne se valent pas. Comment choisir le modèle qui répondra le mieux à vos besoins ? Voici quelques critères que vous devrez prendre en compte :
- Le budget. Si vous avez prévu des petits travaux de rénovation dans la salle de bains, et que votre budget est restreint, optez pour une VMC simple flux. Elle ne vous permettra pas de faire des économies d’énergie, mais assurera toute de même une bonne ventilation.
- Les caractéristiques de votre logement. Dans une maison mal isolée, il ne sert à rien d’investir dans une VMC haut de gamme. En revanche, si le bâtiment est étanche et bénéficie d’une bonne isolation, vous pouvez vous tourner vers un modèle plus efficace, par exemple une VMC double flux hygroréglable.
- La consommation énergétique. S’il vous faut une solution performante qui garantit non seulement une qualité de l’air exceptionnelle, mais aussi un excellent rendement, choisissez une VMC thermodynamique. Certains modèles peuvent fournir 4 fois plus d’énergie qu’ils n’en consomment.
La puissance et le débit d’air de votre installation doivent aussi correspondre à vos besoins et aux volumes à aérer, tandis que le bruit généré aura son importance en fonction de l’endroit où vous avez prévu de placer votre VMC.
Dans tous les cas, entourez-vous de professionnels qui sauront vous conseiller en tenant compte de toutes les spécificités de votre situation et vous aider à choisir la VMC qu’il vous faut.

Ce qu’il faut retenir
- La salle de bains est la pièce de la plus humide de n’importe quelle habitation et doit posséder un système de ventilation adapté.
- Si installer une VMC n’est pas obligatoire, la ventilation mécanique contrôlée reste la solution idéale pour aérer non seulement votre salle de bains, mais votre logement tout entier.
- Il existe plusieurs types de VMC : simple et double flux, hygroréglable, thermodynamique… Adressez-vous à un professionnel pour faire le bon choix.
Saviez-vous que la qualité de l’air dans nos logements peut être pire que celle d’extérieur, même en ville ? Il est parfois difficile de s’en rendre compte, parce qu’il s’agit de pollution invisible, mais elle n’est pas anodine pour autant et peut avoir des conséquences sur notre santé. C’est pourquoi une bonne aération joue un rôle essentiel.






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